Introduction : Pourquoi les Dolomites sont un sanctuaire pour la faune alpine
Les Dolomites, patrimoine mondial de l’UNESCO, forment un labyrinthe de crêtes acérées, de vallées herbeuses et de lacs d’altitude où la faune alpine trouve refuge et abondance. Entre le Triveneto et les hauts plateaux du Sud-Tyrol, ces massifs calcaires offrent des micro-habitats variés — éboulis, forêts de conifères, alpages fleuris, névés persistants — qui soutiennent une diversité impressionnante d’espèces : chamois (Rupicapra rupicapra), bouquetins (Capra ibex), marmottes (Marmota marmota), lagopèdes, aigles royaux (Aquila chrysaetos) et une myriade de passereaux montagnards. Observer ces animaux dans leur milieu naturel demande du temps, du respect et des itinéraires choisis en fonction des saisons et des heures propices.
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Les routes d’accès et les sentiers des Dolomites sont autant d’observatoires naturels : certains cols offrent des belvédères faciles d’accès en voiture ou par télécabine, d’autres itinéraires pédestres nécessitent randonnée et patience. Les routes panoramiques comme le Passo Giau, le Passo Falzarego, la route du Lago di Braies et l’accès aux Tre Cime di Lavaredo ne servent pas seulement de cartes postales ; elles sont aussi des corridors animaux et des points d’affût privilégiés. En matinée, à l’aube, les mammifères sortent pour se nourrir ; au crépuscule, rongeurs et ongulés redescendent parfois aux lisières des forêts. Pour le visiteur responsable, comprendre les habitudes saisonnières — par exemple la présence des jeunes bouquetins en été près des crêtes calcaires ou le repli hivernal des chamois vers des versants abrités — est la clé d’un safari respectueux.
Cet article propose des routes et itinéraires concrets autour des Dolomites, avec adresses précises, horaires d’accès, tarifs indicatifs et conseils pratiques locaux pour maximiser vos chances d’observer la faune sans la déranger. On y trouve des alternatives adaptées aux familles, des points d’affût accessibles en voiture et des randonnées plus engagées pour photographes animaliers. L’accent est mis sur la sécurité (conditions météo, équipement adapté), le respect de la réglementation des parcs naturels et des bonnes pratiques — comme rester sur les sentiers balisés, garder une distance respectueuse et éviter de nourrir la faune. Les informations pratiques incluent également adresses de refuges et de centres d’information pour planifier vos sorties, ainsi que recommandations de saisonnalité et d’horaires d’observation.
Enfin, l’expérience d’observer la faune alpine dans les Dolomites est autant sensorielle que visuelle : bruits discrets de la forêt, sifflements de marmottes, silhouettes furtives sur les crêtes et panoramas rocheux inoubliables. Que vous souhaitiez photographier un aigle en vol depuis le belvédère du Passo Falzarego ou surprendre une famille de marmottes près du refuge de Nuvolau, les itinéraires suivants sont testés et recommandés pour qui veut conjuguer découverte naturaliste et plaisir des paysages.

Route 1 : Tre Cime di Lavaredo et les alentours — sentiers, belvédères et marmottes
Les Tre Cime di Lavaredo (Drei Zinnen) constituent l’un des lieux les plus emblématiques des Dolomites pour la faune et les paysages. L’accessibilité depuis Auronzo de Cadore en fait un point de départ idéal pour des observations matin et soir. Adresse d’accès : Forcella Lavaredo / Rifugio Auronzo, Strada del Monte, 32041 Auronzo di Cadore BL, Italy. Le parking du Rifugio Auronzo (coordonnées GPS souvent indiquées sur les guides locaux) est payant en haute saison, compteur indicatif : tarif véhicule : environ 30 € par jour (tarifs variables selon l’année et la saison). Le site est ouvert 24h/24, mais les refuges ont des horaires spécifiques : Rifugio Auronzo sert des repas généralement de 08:00 à 20:00 (vérifier la saison).
Le sentier circulaire le plus fréquenté (boucle de 9,6 km) permet d’approcher les falaises calcaires où chamois et marmottes sont souvent signalés, surtout sur les pelouses alpines ensoleillées le matin. Les marmottes sont fréquemment visibles dans les éboulis entre le Rifugio Lavaredo et le Lago di Misurina ; elles émettent des sifflements caractéristiques dès qu’un randonneur s’approche. Pour augmenter vos chances d’observation : partez avant le lever du soleil (aube) ou en fin de journée, équipez-vous d’une paire de jumelles 8×42 et d’un téléobjectif pour la photographie. Restez à distance et évitez toute interaction : nourrir ou poursuivre les animaux est strictement interdit.
Conseils pratiques locaux : prévoyez des vêtements chauds et coupe-vent même en été (les vents en altitude sont brusques), de l’eau (les fontaines sont rares) et des chaussures de randonnée robustes. En cas de forte affluence, garez-vous au Parcheggio Auronzo et marchez 1,5 km jusqu’au refuge ; cela limite la perturbation. Pour des informations actualisées, contactez le Centro Visite Parco Naturale Tre Cime à Auronzo di Cadore (adresse : Via XX Settembre 1, 32041 Auronzo di Cadore BL, heures d’ouverture variables selon la saison, souvent 09:00–17:00, entrée généralement gratuite).

Route 2 : Passo Giau, Rifugio Nuvolau et Cinque Torri — chamois, aigles et paysages aériens
Le Passo Giau (alt. 2 236 m) est un col panoramique accessible par la SP638 entre Cortina d’Ampezzo et Selva di Cadore. Adresse pratique : Passo Giau, SP638, 32020 Cortina d’Ampezzo BL, Italy. Le col est ouvert toute l’année mais l’accès hivernal dépend des conditions de déneigement ; en été c’est un lieu de rassemblement pour automobilistes, motards et randonneurs. Le parking près du col est généralement gratuit mais limité ; pensez à arriver tôt en haute saison. À proximité se trouve le Rifugio Nuvolau (adresse : Rifugio Nuvolau, Forcella Nuvolau, 32020 Cortina d’Ampezzo BL, Italy), refuge historique ouvert en général de mai/juin à octobre, horaires typiques 08:00–18:00 ; repas et boissons : plats entre 8 € et 18 €.
La crête entre Passo Giau et le Rifugio Nuvolau est un excellent secteur d’observation des chamois, souvent vus sur les arêtes rocheuses au lever du jour. Les aigles royaux et les buses entretiennent les thermiques le long des falaises : un affût au milieu de la matinée, quand les courants d’air se lèvent, offre de belles chances d’observer ces rapaces en vol. Le plateau autour du Passo Giau abrite aussi de luxuriants alpages où paissent parfois des mères bouquetins et leurs jeunes au printemps et en été.
Pour la photographie, la lumière du soir crée des volumes saisissants sur les parois : installez-vous près du refuge ou sur les belvederes aménagés. Attention à la météo, le temps change rapidement — prévoyez un coupe-vent et consultez la météo alpine (services locaux ou offices du tourisme de Cortina d’Ampezzo). Conseils locaux : utilisez les sentiers balisés, ne traversez pas les zones clôturées utilisées pour la reproduction des oiseaux, et évitez les promenades en dehors des sentiers au printemps, période sensible pour la nidification.
Route 3 : Marmolada, Passo Fedaia et le glacier — bouquetins, corbeaux et espèces subalpines
La Marmolada, point culminant des Dolomites, et le Passo Fedaia offrent un contraste saisissant entre glaciers, moraines et alpages où la faune s’adapte aux conditions extrêmes. Adresse d’accès : Passo Fedaia, SP641, 32020 Rocca Pietore BL, Italy (près du Lago Fedaia). Le Ghiacciaio della Marmolada et le musée de la Grande Guerre situé sur la route sont des lieux d’intérêt : le Museo della Grande Guerra Marmolada se trouve au Passo Fedaia et a des horaires saisonniers (généralement 09:00–17:00 en été) et un tarif indicatif d’entrée environ 5–8 €.
Les pentes abruptes et rochers calcaires de la Marmolada attirent parfois des bouquetins, repérables grâce à leur silhouette robuste et leurs cornes en arc. Les corvidés (corbeaux, choucas des tours) sont omniprésents et introduisent une dimension sonore unique : leurs cris résonnent sur les névés. Les rives du Lago Fedaia offrent des affûts pour la photographie des reflets du massif sur l’eau au lever du soleil — un moment calme où la faune s’approche parfois pour boire.
Précautions : en raison de la présence du glacier et de névés, équipez-vous de bonnes chaussures et éventuellement de crampons si vous sortez des sentiers. Les refuges et téléphériques (ex. téléphérique de la Marmolada depuis Malga Ciapela) ont des horaires définis : la remontée mécanique est souvent ouverte de juin à septembre, horaires 08:30–17:00 (consulter les sites officiels pour l’année en cours) ; tarif télécabine variable, souvent entre 20 € et 30 € aller-retour. Respectez les réglementations de zone glaciaire et suivez les panneaux d’information pour votre sécurité.

Route 4 : Lago di Braies, Val Pusteria et forêts alpines — oiseaux, lagopèdes et petites ongulés
Le Lago di Braies (Pragser Wildsee) est l’un des lacs alpins les mieux connus et fréquentés des Dolomites. Adresse : Lago di Braies, Str. del Lago, 39030 Braies (BZ), Italy. L’accès au parking (P1) est payant en haute saison ; tarifs indicatifs : voiture 10–20 € par jour, navettes parfois en service depuis le village. Le site est accessible toute l’année mais le stationnement et la promenade en barque ont des tarifs et horaires spécifiques : location de barque généralement de 09:00 à 18:00, prix indicatif 18–30 € pour 30–60 minutes selon la saison.
Le tour du lac au petit matin offre l’air le plus calme et de bonnes chances d’observer des oiseaux aquatiques et des passereaux forestiers. Plus loin dans la Val Pusteria et les forêts voisines, les sentiers offrant des coupes vers les clairières sont propices à l’observation du lagopède alpin (en saison), des geais des chênes, et parfois des chevreuils. Contrairement aux grands cols, ces zones boisées nécessitent d’être à l’affût et silencieux : la patience est payante. Les photographes naturalistes utilisent souvent des blindages légers ou des caches portables pour approcher sans stresser la faune.
Conseils locaux : pour éviter la foule au Lago di Braies, arrivez avant 08:00 en été ou optez pour les mois moins fréquentés (mai-juin, septembre). Emportez des jumelles et un guide des oiseaux des Alpes ; les offices de tourisme locaux (ex. Ufficio Turistico – Comune di Braies, adresse : Via Plan de Corones 1, 39030 Braies) fournissent des cartes et des recommandations d’itinéraires. Respectez les interdictions de baignade et les zones privées, et n’utilisez pas de drones sans autorisation dans les zones protégées.

Conclusion : Planifier pour un tourisme naturaliste respectueux et réussi
Observer la faune alpine dans les Dolomites est une expérience gratifiante qui demande préparation, respect et flexibilité. Choisir les bonnes routes — Tre Cime di Lavaredo, Passo Giau et Rifugio Nuvolau, Marmolada et Passo Fedaia, Lago di Braies et les vallées boisées — augmente considérablement vos chances de rencontres authentiques. Mais la réussite ne se mesure pas seulement en nombre de clichés : elle tient aussi à la qualité des observations, au bien-être des animaux et à la préservation des habitats. Arrivez tôt ou en fin de journée, équipez-vous de jumelles et d’un téléobjectif, informez-vous auprès des centres d’accueil locaux (par exemple Centro Visite Parco Naturale Tre Cime à Auronzo, Ufficio Turistico – Cortina d’Ampezzo, ou l’office de Braies) et respectez les règlements de chaque site.
Quelques règles d’or à garder en mémoire : rester sur les sentiers balisés, garder une distance confortable et éviter toute interaction (nourrir ou appeler les animaux), limiter le bruit, et respecter les périodes sensibles (nidification et printemps). Vérifiez toujours les horaires et tarifs des refuges et des remontées mécaniques — ils varient selon la saison et la météo — et prévoyez des alternatives en cas de mauvais temps. En outre, pensez à la logistique (parking payant, navettes locales, locations de barques) et aux services d’urgence en montagne si vous partez pour des itinéraires plus engagés.
Enfin, adoptez une approche responsable : partez avec des guides locaux si vous débutez en observation naturaliste, soutenez les refuges et petits commerces locaux pour une économie touristique durable, et, si vous êtes photographe, privilégiez la déontologie (pas de flash, pas d’approches agressives). Les Dolomites offrent des instants d’émerveillement véritables, des silhouettes de chamois sur les arêtes à l’aube aux marmottes sifflantes dans les alpages ; planifiez intelligemment, respectez la nature et emportez des souvenirs qui ne laissent aucune trace, sauf la mémoire et des images respectueuses.















